dimanche 30 décembre 2007

top twenty 2007

Arrivé au terme de ses douze mois de cinéma, et après avoir vu plus d'une centaine de nouveaux longs métrages, voici les incontournables qu'il ne fallait rater sous aucun prétexte :




1- «La nuit nous appartient» de James Gray

2- «L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford» d’Andrew Dominik

3- «Les promesses de l’ombre» de David Cronenberg

4- «La vie des autres» de Florian Henckel von Donnersmarck

5- «La môme» d’Olivier Dahan

6- «Zodiac» de David Fincher

7- «Smokin’ Aces» de Joe Carnahan

8- «Inland Empire» de David Lynch

9- «I’m not there» de Todd Haynes

10- «L’avocat de la terreur» de Barbet Schroeder

11- «Boulevard de la mort» de Quentin Tarantino

12- «L’homme sans âge» de Francis Ford Coppola

13- «Les Simpson» de David Silverman

14- «Hostel chapitre II» d’Eli Roth

15- «7h58 ce samedi-là» de Sidney Lumet

16- «Control» d’Anton Corbijn

17- «Secret Sunshine» de Lee Chang-Dong

18- «American Gangster» de Ridley Scott

19- «Les femmes de ses rêves» de Peter et Bobby Farrelly

20- «Persepolis» de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud

kidnapped

Le prochain film de Clint Eastwood actuellement en tournage, «The Changeling», voit Angelina Jolie incarner une mère dont le fils est kidnappé. Après moults prières, le petit garçon lui sera rendu et la presse va s'enflammer pour cette histoire qui finit bien. Sauf que... l'enfant qu'elle a récupéré n'est pas le sien. Aux côtés de la jolie Angie, on retrouvera John Malkovich.



Inspiré de faits réels qui se sont produits à Los Angeles dans les années 20, le film sortira aux Etats-Unis le 7 novembre 2008 afin qu'il puisse concourir pour les Oscars 2009.

vendredi 28 décembre 2007

vert de rage

En 2003, Ang Lee («Le secret de Brokeback Mountain», «Tigre & Dragon») réalisait son plus mauvais film : «Hulk» (adapté du célèbre comic book qui avait déjà donné une série à succès), dans lequel Eric Bana se transformait en bouillie numérique verdâtre et faisait des bonds dans le désert. Malgré le fiasco artistique de cette adaptation, une nouvelle version (et non une suite) de ce Shrek pas drôle est en tournage et débarquera sur les écrans en juin 2008.



Ce nouveau film sera mis en scène par un poulain de l'écurie Besson : Louis Leterrier («Le Transporteur», «Le Transporteur 2», «Danny the dog»… ben c’est lui, ce qui ne présage rien de bon), et dans le rôle du scientifique Bruce Banner, on retrouvera Edward Norton, entouré de Liv Tyler, Tim Roth et William Hurt.

jeudi 27 décembre 2007

mex guy


La sortie très attendue de «Hellboy 2 : The Golden Army» de Guillermo Del Toro est prévue pour le 10 septembre 2008. L'occasion de voir un peu à quoi vont ressembler les nouvelles aventures du gentil démon, et de revenir sur la carrière de l'un des cinéastes contemporains les plus brillants.





Guillermo Del Toro est né le 9 octobre 1964 à Guadalajara Jalisco au Mexique. Initié par sa grand-mère, Guillermo va très tôt développer son intérêt pour le cinéma.
Rapidement, c’est le genre fantastique qu’il affectionne tout particulièrement, et il se dirige donc vers des études d’effets spéciaux où il a pour professeur Dick Smith, l’expert en maquillage à qui l’on doit les effets spéciaux de «L’Exorciste».
C’est durant cette période qu’il va commencer à travailler sur ses propres courts métrages : «Dona Lupe» en 1985, et «Geometria» en 1987.

Après des études durant lesquelles il commence déjà à développer son univers baroque, Guillermo consacre les dix années suivantes à la réalisation d’effets spéciaux, via sa société Necropia, pour des productions mexicaines, notamment la série «La Hora Marquada», dont il réalisera d’ailleurs quelques épisodes en 1988.
C’est aussi à cette époque qu’il tourne des courts de plus en plus remarqués et qu’il publie des articles dans le Village Voice ou Sight and Sound.

Après avoir consacré un livre à l’un de ses modèles, Alfred Hitchcock, il réalise son premier long métrage en 1993.
Très remarqué lors de sa présentation au festival de Cannes cette année-là, «Cronos», œuvre fantastique détournant le mythe du vampire, fait l’unanimité et remporte l’équivalent de neuf Oscars mexicains et une multitude de prix internationaux dont le Prix International de la Critique à Cannes.
Cette première œuvre maîtrisée lui ouvre naturellement les portes d’Hollywood et il traverse alors la frontière californienne pour tourner «Mimic» avec Mira Sorvino et Jeremy Northam, une course poursuite effrénée dans les égouts avec une grosse et méchante bestiole.
Le film a du succès, mais ses relations avec le studio durant le tournage et la post-production n’ayant pas été des plus amicales, il repart au Mexique et décide de fonder sa propre structure de production de façon à devenir indépendant et développer ses projets les plus personnels.
En 1998, il crée donc The Tequila Gang.

Alternant films personnels et films à potentiels plus commerciaux, Del Toro confirme la singularité de son cinéma en tournant en 2002 en Espagne «L’Echine du Diable», un grand film de fantômes, brillant, aux images inoubliables, produit par Pedro Almodovar.

Le dernier coup de manivelle donné, Del Toro retourne illico en Californie tourner «Blade II», suite des aventures du justicier mi-homme mi-vampire campé par Wesley Snipes, pour un superbe film d’action gothique.

Avec ces deux derniers films convaincants et très différents, le cinéaste mexicain se voit propulser sur le devant de la scène et croule sous les propositions, notamment «Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban», mais il déclinera l’offre et préférera se consacrer à l’adaptation du comic book de Mike Mignolia qui lui tient à cœur : «Hellboy», avec dans le rôle-titre du démon combattant pour le Bien, Ron Perlman.

En 2006, Del Toro vit une nouvelle consécration avec la sélection en compétition officielle au festival de Cannes de son conte fantastique «Le Labyrinthe de Pan», superbe film onirique, mystérieux et esthétique, véritable réflexion autour d’«Alice au Pays des Merveilles» se situant sous l’Espagne franquiste, et qui est d’après son auteur, une pièce supplémentaire à l’œuvre commencée avec «L’Echine du Diable».

Il vient donc de terminer «Hellboy 2 : The Golden Army» qui sortira en France le 10 septembre 2008, mais travaille déjà sur d’autres projets : «Les Montagnes Hallucinées» d’après Lovecraft ; un film pour enfants intitulé «The Wind in the Willows» ; et «3993», une histoire de fantômes se déroulant entre 1993 et la Guerre Civile Espagnole de 1939.

w for winch


La BD culte «Largo Winch» créée par Jean Van Hamme et Philippe Francq avait déjà donné naissance à une série télé très pourrie. Dans un an presque jour pour jour, c'est sur grand écran que les aventures du milliardaire rebelle seront adaptées.



Dans la peau de l'héritier caché de l'empire W, Tomer Sisley (très décrié sur le net par les fans de la bande dessinée) devra résoudre le meurtre de son père et tous les complots qui se dresseront contre lui pour mettre la main sur le célèbre empire.

Le film qui devrait mettre définitivement Tomer sur orbite sortira le 17 décembre 2008. Si ses résultats au box office sont convaincants, plusieurs suites pourraient être mises en chantier. En attendant, en voici un petit avant goût :





good news

Pendant la production de la formidable trilogie du «Seigneur des Anneaux», Peter Jackson et le Studio américain NewLine Cinema s'étaient parfaitement entendus. Puis, malgré le succès de la franchise, des querelles ont éclaté, si bien que la mise en chantier du préquel à l'oeuvre de Tolkien, «Bilbo le Hobbit» (rôle tenu par Ian Holm dans la trilogie), était devenue très compromise.

Finalement, après une bataille juridique interminable, les deux camps sont enfin parvenus à un accord et la production devrait être lancée dans les mois à venir.

Peter Jackson : «Je suis très heureux que nous ayons pu mettre nos différents de côté, afin d'entamer un nouveau chapitre avec nos chers amis de New Line. Toute l’équipe est très enthousiaste à l'idée de continuer notre formidable voyage dans la Terre du Milieu».

«Bilbo le Hobbit» sera en deux parties, et à l'image du travail sur «Le Seigneur des Anneaux», les tournages des deux films auront lieu simultanément pour des dates de sorties en 2010 et 2011. Si le casting n'est pas encore entamé, une chose et sûre : Peter Jackson produira mais ne réalisera pas «Bilbo», le cinéaste le mieux placé aujourd'hui est Sam Raimi qui délaisserait définitivement l'homme-araignée.

lundi 17 décembre 2007

dark side

Après avoir redonné ses lettres de noblesse à une franchise «Batman» qui en avait bien besoin, Christopher Nolan remet ça avec «The Dark Knight», suite de ses aventures de l'homme chauve-souris avec toujours Christian Bale dans le rôle de Bruce Wayne, et deux nouveaux méchants : Heath Ledger en Joker et Aaron Eckhart en DoubleFace.


Voir le teaser de «The Dark Knight»





La sortie est prévue à l'été 2008, mais voici déjà les derniers posters promotionnels :





dimanche 16 décembre 2007

araki rit

Article publié dans BLAST Hiver 2007/2008


Après la parenthèse poétique du tragique «Mysterious Skin», Gregg Araki revient à un cinéma plus léger et enlevé, rapide et déjanté, dans la veine de «The Doom Generation» ou «Nowhere».
Avec «Smiley Face», il nous propose une sorte de version colorée, californienne et sous trip du «After Hours» de Scorsese, et signe un amusant manifeste anticommuniste.
A l’occasion de sa sortie en France, le cinéaste américain nous parle de son travail et de ses projets, et tout cela, avec le sourire.


«Smiley Face» vous invite à un voyage.
24h en compagnie de Jane, campée par la géniale Anna Faris («Scary Movie», «Lost in Translation», «BrokeBack Mountain»), qui interprète cette jeune comédienne stone au chômage, scotchant l’écran de son ordi, vautrée sur son canapé à s’empiffrer du matin au soir avec les gâteaux de son colocataire. Mais aujourd’hui, beaucoup d’idées vont traverser l’esprit de Jane. Et ses idées vont la faire voyager. Et nous avec.


Voir la bande-annonce



Après un film aussi grave et marquant que «Mysterious Skin», on a l’impression que vous avez voulu faire quelque chose de plus léger ?

«Mysterious Skin» est un film très sérieux et très sombre dont je suis fier, mais c’est vrai que pour mon film suivant, j’avais envie de réaliser quelque chose de complètement différent. En tant que cinéaste, j’aime les challenges, changer, évoluer, je ne vois pas l’intérêt de faire deux fois le même film. Et ça tombe bien, car énormément de genres m’intéressent.
J’ai découvert le scénario «Smiley Face» de Dylan Haggerty il y a déjà plusieurs années et je l’ai adoré. J’ai eu un peu la même sensation que lorsque j’ai découvert le roman «Mysterious Skin» de Scott Heim. J’adore les personnages qu’a imaginés Dylan, leurs styles, leurs sensibilités, et c’est vraiment le scénario le plus fun que j’ai jamais lu.

Dans votre film, on suit les péripéties improbables d’une fille défoncée du matin au soir. Vous aimez les stoner comedies ?
Je ne suis pas un très grand fan, même si je trouve que certains sont très réussis comme «Dude, where’s my car ?» (avec Ashton Kutcher) ou «Harold and Kumar» (sorti en 2004 et inédit en France), mais je n’ai jamais été un fou du genre au point de me dire : allez vite, va en tourner un ! Je pense tout au plus que ce sont de bons petits films pour se marrer un vendredi soir entre potes. Tout ça pour que vous compreniez que ce sont vraiment les qualités du scénario de Dylan qui m’ont données envie de développer le projet. Il est original, unique, enfin… come on !, y a cette histoire de bible communiste ! Rien que pour ça, il fallait que je le tourne !

Comment avez-vous choisi votre Jane ? Dans ce rôle, Anna Faris est juste sensationnelle. On dirait que le film a été écrit pour elle.
Quand la production est venue me voir avec une liste de comédiennes potentielles pouvant interpréter Jane, j’ai immédiatement vu le nom d’Anna, et j’ai tout de suite voulu que ce soit elle. C’était mon premier et seul choix. C’est un rôle très difficile et éprouvant, elle est de tous les plans pendant 90 minutes, et elle est incroyable de drôlerie de bout en bout. Il suffit de la regarder pour être plier en deux. Ce qu’elle accomplit est formidable, je l’avais adorée dans «Lost in Translation» de Sofia Coppola. Je la comparerais à des actrices comme Lucille Ball ou Carole Lombard, pour leur formidable sens comique, leur timing. Je n’aurais pas voulu faire le film sans Anna. Et heureusement, elle en avait aussi envie.

Comment l’avez-vous dirigée ? Vous lui avez donné des spacecakes à son insu ?
Vous êtes fou ?!!... Bon, c’est vrai que ça aurait pu être plus amusant, mais le film repose sur une technique tellement précise que si nous avions été stone durant le tournage, nous n’aurions pas pu le réaliser.

Quel rapport entretenez-vous avec les drogues ?
Je ne vois pas de quoi vous voulez parler.

Quel regard portez-vous sur les fumeurs de weed ?
Je ne comprends pas ce que vous voulez dire.

Comment réagissent les fumeurs à la vision de « Smiley Face » ?
De tous mes films, «Smiley Face» est celui qui a eu le meilleur accueil et les meilleures réactions, partout où il a été montré, notamment à Cannes et à Deauville. Lorsque nous avons fait la Première au Festival de Sundance, c’était à la séance de minuit un vendredi soir, et les spectateurs étaient vraiment déchainés, ils riaient tous tellement, la salle était en délire, c’était incroyable ! Durant la scène où Jane jette sa super weed dans les chiottes parce qu’elle est parano et qu’elle croit que les flics l’attendent à la sortie, je voyais des spectateurs se tordre de douleur et je les entendais crier : «Nooooooooon ! Ne fais pas ça !!!».

J’ai eu la même réaction !
T’es grillé !

Votre film est la meilleure comédie burlesque depuis longtemps, c’est un genre que vous aimez ?
La comédie est un genre que j’ai toujours affectionné. Même dans mes films les plus sombres, j’ai toujours essayé d’insuffler un minimum de légèreté et d’humour. Ce n’est pas pour faire cliché ou être moralisateur mais, aujourd’hui dans notre société, avec toutes ces guerres, ces drames écologiques, ces politiciens corrompus, le monde a bien besoin d’un peu de bon temps. Just a Big Smiley Face !

Comment définiriez-vous votre film ?
Un de mes amis m’a dit que c’était comme si Ozu avait fumé dix joints et empoigné une caméra. J’aime beaucoup l’idée.

Quelle est votre morale du film ?
Je ne suis pas là pour donner des leçons. C’est pourquoi mes films sont aussi ouverts. Chacun y prend ce qu’il veut, y voit ce qu’il souhaite. J’aime l’idée que l’on imagine tous un film différent. On se fait alors son propre chemin et sa propre interprétation des choses que nous recevons. J’aime que la subjectivité l’emporte.

Quand on s’est vu pour la promo de «Mysterious Skin», vous deviez réaliser un film d’horreur. Où en êtes-vous ?
Eh bien je devais le faire, mais comme je travaille uniquement avec des sociétés indépendantes, celles qui devaient produire le film ont fait faillite. Ce qui arrive assez souvent dans le cinéma indépendant. Mais ça reste un projet qui me tient à cœur et que j’espère un jour pouvoir monter. J’ai également trois autres projets de films, et je bosse actuellement sur quelques projets de séries pour la télé. C’est un médium qui m’a toujours intéressé et que je pense très propice à mes idées. David Lynch a réussit à y faire «Twin Peaks» il y a plus de 15 ans, je pense que la réinvention actuelle de la télévision va permettre de nouvelles formes d’expression.

Pour finir, c’est quoi ces lettres au début du film ?
C’est un jeu interactif que j’ai voulu instauré avec le spectateur. J’ai dissimulé dans mon film tout l’alphabet dans l’ordre, de A à Z. Les lettres A, B, C et Z sont très visibles, je focalise dessus à leur passage dans l’écran, mais de D à Y, c’est un peu plus compliqué, d’autant que ce sont des lettres isolées, c'est-à-dire qu’elles ne font pas parti des mots que je filme.

Je crois que j’en ai vu 5 ou 6…
Je crois qu’il faut être stone pour toutes les voir…

«Smiley Face», de Gregg Araki, avec Anna Faris, Adam Brody, Danny Trejo. En salle le 16 janvier 2008.

mercredi 12 décembre 2007

american hero


Après le désormais célèbre «Pour survivre à la guerre, il faut devenir la guerre» (tiré du 2éme opus), voici la nouvelle starquote rambienne : «live for nothing, or die for something » («Je préfère mourir pour une cause, que de vivre pour rien»).
C’est énorme, c’est du John Rambo dans le texte.

Après «Rambo 1» et son combat urbain post-Vietnam.
Après «Rambo 2» et sa mission-sauvetage au Vietnam.
Après «Rambo 3» et sa guerre périlleuse en Afghanistan.
Voici «Rambo 4», dans lequel John Rambo aide une action humanitaire en Thaïlande pendant une guerre civile.
Rien que le pitch il tue.

La preuve par l’image… et rendez-vous le 6 février en salle.


lundi 10 décembre 2007

anderson rafle tout

Ce week-end avaient lieu les Los Angeles Films Critics Awards. Après cinq ans de silence («Punch Drunk Love» remonte à 2002), le nouveau film de Paul Thomas Anderson, «There will be blood», est le grand vainqueur de la remise des Prix, puisqu'il repart avec ceux du Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleurs Décors et Meilleur Acteur pour Daniel Day Lewis.
Ce nouveau film du réalisateur de «Magnolia», adapté du roman «Oil !» d'Upton Sinclair, nous plonge dans l'industrie du pétrole au Texas dans les années 30, et sortira en France le 27 février 2008.


Voir la bande-annonce de «There will be blood»




A noter qu'à cette même cérémonie, la comédienne française Marion Cotillard a remporté le Prix de la Meilleure Actrice pour son interprétation d'Edith Piaf dans «La Môme» d'Olivier Dahan.


Voir la bande-annonce américaine de «La Môme»

les coen raflent tout

Ce week-end avaient lieu les New York Films Critics Awards. Si Daniel Day Lewis s'est illustré en remportant le Prix du Meilleur Acteur pour «There will be blood» de Paul Thomas Anderson, c'est «No country for old men» des frères Coen qui a tout emporté sur son passage : Meilleur Film, Meilleur Réalisateur, Meilleur Scénario et Meilleur Second Rôle Masculin pour Javier Bardem, pour cette cavale sanguinaire à travers le Texas.


Voir la bande annonce de «No country for old men»




Alors que ce film sort en France le 23 janvier 2008, soit 8 mois après sa présentation à Cannes (ah, les affres de la distribution), les frères Coen sont en tournage de leur prochain, intitulé «Burn after reading», dont le tournage a commencé à New York. Dans cette comédie d'espionnage, ils retrouvent pour la troisième fois George Clooney, aux côtés de deux petits nouveaux dans leur univers : Brad Pitt et John Malkovich.

jfk vs jackie

Benoît Pétré, l'un des membres des fameuses «Quiches», en plus d'avoir la triple casquette d'auteur, réalisateur et comédien (remember «Foon»), s'adonne également à la photographie.

Son concept : photographier de jeunes et charmantes comédiennes dans un look un peu vintage. On peut donc retrouver Elodie Navarre dans la peau de BB, Cécile Cassel tout droit sortie d'un «Grease» version trash, ou encore Mélanie Laurent en jean dans un parc. Et c'est ici ou ici.

Dans la série qui suit, Alysson Paradis s'est quant à elle immiscée dans la peau de Jackie Kennedy, alors que votre humble rédacteur campait JFK.











top frisson

L’émotion la plus forte de la nature humaine est la peur. Aussi, de tout temps, les cinéastes ont essayé de recréer et de procurer cette sensation aux spectateurs du monde entier.
A l’occasion de la sortie le 13 février 2008 de «Peur(s) du Noir», dans lequel neuf artistes proposent des films animés retraçant ce qui les terrifie, petit récapitulatif des films les plus angoissants.


number 5

«Microcosmos» de Claude Nuridsany et Marie Pérennou.
C’est quoi : Un abécédaire de tout de ce qui est visqueux, minuscule et qui a plus de 6 pattes.
Pourquoi ça fait peur : Voir toutes ces bestioles répugnantes sur un écran géant j’en ai encore des frissons partout… ça s’appelle une phobie, et c’est très subjectif.
Pourquoi, en fait, ça fait pas peur : Parce que je suis plus grand qu’elles, plus fort, et que je suis un grand garçon courageux.


number 4

«Alien» de Ridley Scott.
C’est quoi : Un équipage intergalactique débarque sur une planète inconnue et en repart avec une grosse bêbête à bord qui va foutre le boxon.
Pourquoi ça fait peur : En mêlant la peur de l’inconnu (on ne sait quasiment rien de la dite bestiole), et en jouant sur l’effet de surprise, le huit-clos et l’isolement, Ridley Scott invente un concept à lui tout seul.
Pourquoi, en fait, ça fait pas peur : Pour vraiment terrifier, il faut un minimum de crédibilité et de réalisme. Sigourney Weaver en slip trop petit dans un vaisseau spatial, ça n’existe pas !


number 3

«L’Exorciste» de William Friedkin
C’est quoi : Une petite fille charmante se retrouve possédée par un démon.
Pourquoi ça fait peur : L’excellente idée de mêler horreur et religion en fait un film ésotérique mais à la crédibilité irréprochable puisqu’il touche des millions de terriens. Parce que Dieu existe non ?
Pourquoi, en fait, ça fait pas peur : Hormis des images chocs comme le pipi et le dégueulis, la masturbation avec un crucifix en lieu et place de l’ordinaire Rabbitt, et quelques dialogues marquants, les athées pur jus passeront totalement à côté.


number 2

«Blair Witch Project» de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez.
C’est quoi : Des étudiants en cinéma qui partent camper en forêt pour faire un documentaire sur des sorcières.
Pourquoi ça fait peur : La récurrente peur du noir évidemment. La façon de filmer au plus près de l’action. Et puis, la contre-plongée sur une meuf cramée (où est le chef op ?) qui sanglote avec la goutte au nez, c’est juste l’image la plus traumatisante de ces dernières années.
Pourquoi, en fait, ça fait pas peur : Mais ça fait super peur ! C’est pour ça qu’il est number 2 !!


winner

«Shining» de Stanley Kubrick.
C’est quoi : Un écrivain, sa femme et son fils, vont faire du gardiennage dans un complexe hôtelier fermé pendant l’hiver.
Pourquoi ça fait peur : Parce que Kubrick est un génie et qu’en s’immisçant petit à petit dans l’esprit d’un homme qui tombe dans la folie, il atteint une telle justesse dans l’horreur que depuis j’arrête de parler à mon doigt et d’écrire à l’envers sur les murs.
Pourquoi, en fait, ça fait pas peur : Parce que Jack Nicholson n’est pas mon père.



Voir la bande annonce de «Peur(s) du Noir»


indy is back

A 65 ans, Harrison Ford enfile pour une quatrième fois blouson de cuir, chapeau et fouet pour la nouvelle aventure d'Indiana Jones.
Malgré son titre super pourri, «Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal», ce nouvel opus de l'archéologue-aventurier est l'un des films les plus attendus de l'année. On retrouvera également devant la caméra de Steven Spielberg, la désormais incontournable Cate Blanchett, la future star Shia LaBeouf, Jim Broadbent, John Hurt, Ray Winstone et Karen Allen qui reprend son rôle de Marion déjà tenu dans «Les Aventuriers de l’Arche Perdue».
Si le film sort, comme le montre l'affiche, le 22 mai aux Etats-Unis, la France aura la primeur de le voir 24h plus tôt, le mercredi 21 mai 2008.


for the girls

Des années que vous attendiez impatiemment l'adaptation au ciné de la série phare d'HBO, «Sex and the City». Votre vœu sera enfin exaucé le 30 mai 2008, date de la sortie du film en France.
En voyant cette date, on ne peut s'empêcher bien sûr d'imaginer Carrie, Samantha, Miranda et Charlotte pour une montée des marches cannoises des plus glamour...
Alors ? Epousera, épousera pas Mr Big ? Réponse au printemps.
En attendant, un petit aperçu...


Voir la bande-annonce

masters of comedy

On ne se lasse pas des comédies US de ces dernières années. Les Ben Stiller, Owen Wilson, Vince Vaughn ou Paul Rudd ont fait exploser les normes de la comédie sous la houlette de Judd Apatow.
Le 19 mars 2008 sortira sur les écrans deux films avec deux des chefs de file de cette génération dorée : «Semi-Pro» avec Will Ferrell («Talladega Nights», «Old School»), et «Dan in real life» avec Steve Carell («40 ans toujours puceau», «Little Miss Sunshine»).


Dans «Semi-Pro», Will Ferrell endosse short et maillot pour jouer sur les célèbres parquets de la NBA. Un an après «Blades of Glory» et son inoubliable duo de patineurs formé avec Jon Heder, Ferrel fait équipe cette fois avec Woody Harrelson, qui nous avait déjà montré son aisance sous le panier dans «Les blancs ne savant pas sauter».
A voir aussi, le site «Funny or Die» conçu par Will Ferrell et Adam McKay (son réalisateur de «Talladega Nights»), dans lequel on peut voir des centaines de vidéos à se tordre de rire. Et c'est ici.


Voir la bande-annonce





Quant à Steve Carell dans «Dan in real life» de Peter Hedges (le scénariste de «Gilbert Grape»), la star de «The Office» interprète un journaliste veuf, père de trois enfants, qui va tomber amoureux de la femme de son frère, campée par Juliette Binoche. Une comédie romantique, loin de son image pipicaca.


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dimanche 9 décembre 2007

top catastrophe

A l’occasion de la sortie en salle le 6 février 2008 du surmédiatisé «Cloverfield» réalisé par Matt Reeves et produit par J.J. Abrams, dans lequel une force inconnue attaque New York en provoquant mort et destruction, petit récapitulatif des meilleurs films catastrophe.


number 5

«World Trade Center» d'Oliver Stone.
C’est quoi : Oliver Stone rend hommage aux pompiers new yorkais qui ont donnés leurs vies lors des attentats terroristes du 11 septembre 2001.
Les Héros : On veut nous faire croire que c’est Nicolas Cage mais pendant 2h il reste allongé, sous des gravas certes, mais allongé. Donc les héros, c’est plutôt ceux qui enlèvent les gravas et qu’on voit 1 minute 12 à la fin.
Les Méchants : Oussama Ben Laden et son pote George W.
Les Qualités : Même en cherchant bien j’en vois pas. Ah si, l’excellente Maria Bello a un petit rôle ! Elle a dû se perdre.
Les Défauts : Quasiment tout. C’est un gros navet larmoyant, un mélo patriotique bourrin sans aucun intérêt. Et Nicolas Cage a une moustache ! Drôle d’hommage.
Nombre de victimes : 2750 + une bonne partie des spectateurs.


number 4

«Armageddon» de Michael Bay.
C’est quoi : Un très gros astéroïde va s’écraser sur la Terre et anéantir toutes les formes de vie.
Les Héros : Une poignée d’alcoolos spécialisés en forage pétrolier vont être envoyés dans l’espace, ils vont se poser sur l’astéroïde, faire un trou dedans, et y mettre une bombe pour le faire sauter de l’intérieur, et tout ça, dans les temps pour sauver la Terre.
Les Méchants : Oooh, au final, tout le monde a plus ou moins bon fond.
Les Qualités : Billy Bob Thornton qui cabotine. Et Bruce Willis qui meurt.
Les Défauts : Hormis la mise en scène habituellement débile de Michael Bay qui veut vraiment nous faire comprendre qu’il en a une grosse, Ben Affleck. C’est juste une catastrophe.
Nombre de victimes : 3. Ben oui, ils sauvent le Monde.


number 3

«Le Jour d’Après» de Rolland Emmerich.
C’est quoi : Un changement climatique imprévu et violent entraine toutes sortes de catastrophes dans le monde.
Les Héros : Al Gore.
Les Méchants : Le monde industrialisé.
Les Qualités : A/Des effets spéciaux magnifiques. B/La possibilité de faire du ski en plein Manhattan. C/Jake Gyllenhaal en garçon séquestré dans une bibliothèque, montrait déjà l’étendue de son talent avant d’être séquestré sous une tente.
Les Défauts : A/Rolland Emmerich ne fait pas toujours dans la dentelle, mais c’est toujours mieux que «ID4» et «Godzilla». B/Le risque que ce soit un film d’anticipation.
Nombre de victimes : Des millions à l’échelle mondiale.


number 2

«La Tour Infernale» de John Guillermin.
C’est quoi : Pendant des années, LA référence absolue du genre : à San Francisco, l’inauguration en grandes pompes du plus grand gratte-ciel du monde tourne au vinaigre.
Les Héros : Paul Newman avec son regard rassurant bleu acier, et Steve McQueen en Monsieur Courage héroïque déguisé en pompier.
Les Méchants : Richard Chamberlain, oui !, le gentil curé des «Oiseaux se cachent pour mourir», ben là, il a quitté les ordres et il est plus gentil du tout.
Les Qualités : Enormes moyens pour l’époque et tout se voit sur l’écran. Un casting composé de tout ce qu’Hollywood fait de plus glamour, avec en tête la sublimissime Faye Dunaway…
Les Défauts : Le film date de 1975, un autre siècle, notamment en ce qui concerne les effets spéciaux.
Nombre de victimes : 350.


winner

«Titanic» de John Cameron.
C’est quoi : Le plus gros bateau du monde parti affronter un immense et redoutable iceberg. Après trois heures de lutte acharnée, le bateau touché a coulé.
Les Héros : Quelques matelots qui acceptent d’ouvrir les grilles pour que les 3éme classe puissent sortir. Mais on ne retiendra que Jack, le beau Jack qui sauve la vie de Rose en la foutant sur une bûche qui flotte alors que lui se transforme en Mister Freeze. Hyper touchant.
Les Méchants : Billy Zane. Il est très vilain parce qu’il est jaloux, mais comme il a un peu la moue de Marlon Brando jeune, on lui pardonne tout.
Les Qualités : Une histoire d’amour universelle et intemporelle au cœur du drame. «Roméo et Juliette» croisé avec «Holiday on Ice» : que du bonheur.
Les Défauts : Céline Dion à fond et les cheveux au vent.
Nombre de victimes : 1491.


Voir la bande-annonce de «Cloverfield»

speed racer


Depuis la trilogie «Matrix», les frères Wachowski avaient certes produit «V pour Vendetta» avec Natalie Portman et Hugo Weaving, mais ils n'avaient rien réalisé.
Le 18 juin 2008 sortira donc sur les écrans «Speed Racer», produit comme «Matrix» par la Warner, et avec devant la caméra Emile Hirsch («AlphaDog», et prochainement dans «En pleine nature», le nouveau Sean Penn), Christina Ricci, Susan Sarandon, Matthew Fox et John Goodman.
Entre «RollerBall» et «WipeOut 2097», ce nouvel opus du duo australien adapté de la série animée du même nom, suit les aventures de pilotes du futur.


Voir le générique de la série originale




Voir la bande-annonce du film

top serial killer

Depuis «M, le Maudit» de Fritz Lang en 1931, en passant par «Le Voyeur» de Michael Powell en 1960, et «Henry, portrait of a serial killer» au milieu des années 80 dans lequel John McNaughton suivait le quotidien d’un tueur en série, le film de serial killer a inspiré les cinéastes de tout temps.

Capable du meilleur comme du pire, petit récapitulatif des plus réussis, à l’occasion de la sortie en DVD de «Zodiac» de David Fincher, et en attendant la sortie de «Chapter 27» le 27 avril 2008, dans lequel Jared Leto incarne Mark Chapman, le meurtrier de John Lennon.


number 5

«Le Parfum», de Tom Tykwer.
La scène de crime : La France du XVIIIème siècle.
Le tueur : Jean-Baptiste Grenouille, né dans les poubelles du marché aux poissons, garçon sans odeur à l’odorat surdéveloppé.
Les victimes : De jolies et jeunes femmes à l’odeur naturelle enivrante.
La raison : En mélangeant les senteurs divines des filles assassinées, se fabriquer le meilleur parfum de tous les temps. Projet ambitieux.
Les armes : Tout ce qui peut étouffer ou étrangler une jeune fille en fleur.


number 4

«Basic Instinct», de Paul Verhoeven.
La scène de crime : Un lit recouvert de sperme.
Le tueur : Catherine Tramell, auteure, mante religieuse interprétée par une Sharon Stone au sommet.
Les victimes : Les exs de la belle, rockstar ou champion de sport pour la plupart, et quelques flics qui se mettent en travers de sa route.
La raison : En dehors du fait qu’elle soit complètement psychopathe, elle réalise dans la réalité les crimes qu’elle imagine dans ses livres. Comme ça, la boucle est bouclée.
Les armes : Un pic à glace bien aiguisé, un revolver bien huilé, un sexe bien épilé.


number 3

«Pulsions», de Brian DePalma.
La scène de crime : Une cabine d’ascenseur.
Le tueur : Michael Caine avec une perruque blonde et un imperméable noir en latex.
Les victimes : Comme il est psy, il se fait ses patientes, c’est plus pratique que de guetter sa proie pendant des heures en se caillant les miches dans sa bagnole.
La raison : Il est jaloux d’elles, car en fait, c’est une femme prisonnière d’un corps d’homme. Merci pour la morale transphobe.
Les armes : Une lame de rasoir très réfléchissante.


number 2

«Le Silence des Agneaux», de Jonathan Demme.
La scène de crime : Grand terrain de jeu : les Etats-Unis.
Le tueur : Ils sont deux : Buffalo Bill, qui dépèce ces victimes, et Hannibal Lecter, qui lui préfère les manger.
Les victimes : Des psychiatres, de jeunes étudiantes légèrement enveloppées et des flics crucifiés.
La raison : L’un pour s’habiller avec la peau des femmes qu’il a tuées (une nouvelle campagne de la PETA est en préparation), l’autre parce qu’il a un petit creux.
Les armes : Un plâtre, une mâchoire bien souple et des dents affutées.


winner

«Seven», de David Fincher.
La scène de crime : Une cuisine, un bureau, un lit et le désert.
Le tueur : John Doe, en d’autre terme, monsieur-tout-le-monde.
Les victimes : Facile, y en a sept : un gras du bide qui a fait une indigestion, un avocat véreux faisant pénitence, un dealer manchot et rachitique, une pute vidée, un top model défigurée, la tête d’une femme de flic enceinte, et le serial killer lui-même.
La raison : Réparer symboliquement tous les péchés de l’humanité en tuant les pécheurs selon leurs péchés. Le scénario du siècle non ?
Les armes : Perverses et psychologiques.


Voir la bande-annonce de «Chapter 27»

the darjeeling limited

Tel est le titre du nouveau film/ovni de Wes Anderson («La Famille Tenenbaum», «La Vie Aquatique»), dans lequel trois frères (Owen Wilson, Jason Schwartzman et Adrien Brody) entament une quête existentielle pour un road movie burlesque et lunaire à travers l'Inde.
Jason Schwartzman (le cousin de Roman et Sofia Coppola) a coécrit le scénario avec Anderson qui offre également des rôles secondaires à Bill Murray et Anjelica Huston.
Depuis quelques mois, le prologue du film intitulé «Hotel Chevalier», véritable court-métrage indépendant, circulait sur le net et l'on y voyait notamment une Natalie Portman pour la première fois nue à l'écran. Buzz énorme. La date de sortie du film (19 mars 2008) se rapprochant, il a été retiré de la toile. Vivement le printemps.


Voir la bande-annonce



Voir la chanson d' «Hotel Chevalier»



«Where do you go to my lovely» interprétée par Peter Sarstedt.

samedi 8 décembre 2007

adaptations


Alors que la grève des scénaristes se poursuit à Hollywood et que tous les projets sont en berne depuis plusieurs semaines, petit point sur les futures adaptations littéraires les plus attendues au cinéma en 2008 et 2009.


number 5
«The Fantastic Mr Fox», d’après le roman de Roald Dahl et réalisé par Wes Anderson. Après «Charlie et la chocolaterie», cette nouvelle adaptation de Dahl mélangera prises de vue réelles et animation (confiée à Henry Selick («L’étrange Noël de Mr Jack»)). Au générique du film on retrouve Jason Schwartzman, Bill Murray et Anjelica Huston, des habitués du réalisateur de «La Famille Tenenbaum» et «The Darjeeling Limited».
En salle le 29 novembre 2009.


number 4
«Tipping the Velvet», d’après le roman de Sarah Waters et réalisé par Sofia Coppola. Déjà adapté en téléfilm en 2002, Coppola souhaite en faire une sorte de «Brokeback Mountain» au féminin. Dans cette histoire d’amour saphique dans l’Angleterre victorienne, la cinéaste américaine a confié les deux rôles principaux à un duo dont on a hâte de voir les galipettes : Beyoncé Knowles et Eva Longoria. En salle au printemps 2009.


number 3
«There Will Be Blood», d’après le roman «Oil !» d’Upton Sinclair et réalisé par Paul Thomas Anderson. Cela faisait cinq ans que le réalisateur de «Magnolia» restait mué. Dans cette plongée dans l’univers du pétrole au Texas dans les années 30, le cinéaste fait tourner pour la première fois Daniel Day Lewis, rarissime lui aussi. En salle le 27 février 2008.


number 2
«White Jazz», d’après le roman de James Ellroy et réalisé par Joe Carnahan. Quand l’auteur rebelle du «Dahlia noir» et de «L.A. Confidential», rencontre le réalisateur enragé de «Narc» et «Smokin’ Aces», on peut s’attendre au polar le plus noir. Ajoutons à cela la présence de George Clooney au générique, et «White Jazz» le film, a tout pour vite devenir incontournable.
En salle à l'automne 2008.


winner
«La Conspiration des Ténèbres», d’après le roman de Theodore Roszak et réalisé par Darren Aronofsky. Jim Uhls (qui avait déjà adapté «Fight Club» de Palahniuk pour David Fincher) a écrit le scénario pour le réalisateur de «Requiem for a Dream». Les noms associés au projet et la qualité du roman initial feront de ce film l’un des événements ciné de 2009. La quête mystérieuse et terrifiante d’un étudiant en cinéma pour le film disparu d’un cinéaste oublié. Le chef d’œuvre est en cours de fabrication… et en salle au printemps 2009.

destricted

Article publié dans UPSTREET Mars 2007 et réactualisé pour l'édition DVD


Du cul pour l’amour de l’art ou de l’art pour l’amour du cul ?
C’est la question et le fil funambulesque sur lequel dansent sept artistes internationaux qui nous proposent une représentation subjective du sexe au cinéma. A travers un recueil de courts métrages intitulé «Destricted» qui se présente sous la forme de réflexions expérimentales et de rinçages d’œil porno-jubilatoires, c’est tout un pan de l’idéologie du cinéma tradi qui explose.
La crédibilité de ces cinéastes (Clark, Noé, Barney…) jouent naturellement un rôle important dans cette évolution, et d’autres les ont précédés bien sûr, mais en se réunissant et en consacrant tout un film à cette frontière entre l’art et la pornographie, entre le réel et le simulé, ces sept-là défoncent littéralement les barrières puritaines mises en place. Et à sec.



Alors que cette année le cinéma porno a pris un virage douteux en proposant des vidéos gonzo de plus en plus violentes et trash, qui se voient comme de véritables performances humaines, sans doute dues à une demande croissante dont la principale cause est la démocratisation des moyens de diffusion et notamment d’internet, et dont le seul objectif est d’aller toujours plus loin, le cinéma traditionnel semble plus que jamais lui faire les yeux doux en s’immisçant progressivement vers ce genre en déclin permanent.
Alors jusqu’où ira porno ? Car il semble bien loin le temps des petites parties de jambes en l’air pépères où des filles aux tabliers de forgeron touffus et des garçons gras du bide s’amusaient dans une ambiance respectueuse et bon enfant.
C’est pourquoi, quand on apprend qu’une poignée d’artistes contemporains a décidé de s’immiscer dans cet univers toujours plus extrême qu’est la pornographie, la surprise est de taille. Que vont-ils pouvoir apporter à ce genre ? Vont-ils lui donner ses lettres de noblesse ou tout simplement déculpabiliser le spectateur/voyeur d’aller voir du porno au nom de l’art ?

Toujours est-il qu’il n’y a rien de novateur là-dedans, il s’agit juste d’une étrange évolution. Même si la représentation du sexe à l’écran a toujours fasciné et intrigué, et représente un défi de taille pour les cinéastes de tout bord, le fait est que ces dernières années, la production cinématographique a vu une proportion importante de films proposer des visions sexuelles explicites, surtout des rapports phallo-buccaux réels dans des films aussi artistiquement reconnus que «In the cut» de Jane Campion (Palme d’Or en 93 pour «La leçon de piano»), dans «Intimité» de Patrice Chéreau dans lequel Kerry Fox aspirait avec inspiration, dans «Brown Bunny» de Vincent Gallo (entouré de la bouche de Chloë Sevigny), et plus récemment dans «Bataille dans le ciel» de Carlos Reygadas pour ne citer qu’eux. L’expérience sera poussée au plus profond chez Michael Winterbottom avec «9 songs» où un couple passait 69 minutes à se sucer, se lécher et baiser dans tous les sens, entrecoupé d’extraits de concert live et d’une visite du Grand Nord. L’année dernière John Cameron Mitchell allait même jusqu’à proposer une partouze jubilatoire et fraternelle avec le formidable «Shortbus» présenté au festival de Cannes. L’establishment serait-il alors enfin prêt à ouvrir ses portes à la pornographie ? Lui-même qui l’avait poussé il y a plus de trente ans dans un caniveau nauséabond en lui fermant ses salles et en le rayant d’un grand X comme on barre une erreur d’écriture.

Aujourd’hui, avec «Destricted» qui sort en DVD après une petite carrière en salle, on semble effectivement en prendre le chemin. Les esprits puritains peuvent se taper la tête contre les murs, mais c’est un fait : le cul revient au cinéma, et en force. Ils sont sept à avoir tenté l’expérience, à avoir voulu apporter leur regard d’artiste singulier et expérimental pour proposer une représentation explicite de la sexualité. Au-delà du tour de force des producteurs qui ont réussis à faire adhérer à leur concept tout un éventail de la création arty contemporaine, «Destricted» apporte une variété formelle et narrative rare : de l’imagerie gay lors de la rencontre entre l’homme et la machine dans «Hoist» de Matthew Barney, à l’étude folklorique trashi-comique et animée de «Balkan erotic epic» de Marina Abramovitch, en passant par la relecture granulée d’un porno des 80’s dans «House Call» de Richard Prince, le montage épileptique de scènes sexuelles en une minute chrono dans «Sync» de Marco Brambilla (oui oui, le réal de «Demolition Man»), de la rencontre de l’homme et la nature pour une métaphore de l’immensité fertile dans «Death Valley» de Sam Taylor-Wood, et de la solitude et pauvreté sexuelles dans «We fuck alone» de Gaspar Noé, les exemples ne manquent pas et la palette est suffisamment large pour que chacun y trouve un intérêt.
Que dire alors de «Impaled» (pas besoin de traduire je pense), sans doute le segment le plus réussi mais paradoxalement le plus perturbant aussi. Larry Clark y caste de jeunes mecs, leur pose des questions sur leur sexualité et leur rapport au cinéma porno, puis le réalisateur fait défiler des pornostars à l’heureux élu qui aura le droit d’en choisir une et de l’utiliser comme objet de ses phantasmes. Si le film s’était arrêté là, il aurait été un petit bijou d’étude ethnosociologique et aurait soulevé l’omniprésence du porno dans l’éveil et l’éducation sexuels crûs et vulgaires de la jeunesse contemporaine. Mais en montrant la banale et merdique (ce n’est pas qu’une image…) scène de cul qui en résulte, le plaisir est gâché. Car, surtout à notre époque, voir un jeune mec de 20 ans sodomiser une vieille pornostar de 40 ans sans capote et sans message préventif, le malaise prend vite forme. Mais on peut sans doute penser que cette nausée moralisatrice était l’effet recherché, et qu’en rendant invisible la frontière entre le fantasme et la réalité il a réussi son coup. Un bon coup.


Voir un extrait d’ «Impaled» de Larry Clark




«Destricted» réunit sept courts métrages de Matthew Barney, Marina Abramovitch, Richard Prince, Larry Clark, Marco Brambilla, Sam Taylor-Wood et Gaspar Noé.


5 questions à… Gaspar Noé

Il est l’un des réalisateurs les plus sulfureux du moment. Avec des œuvres aussi extrêmes que «Carne», «Seul contre tous» et «Irréversible», personne ne sera surpris de le retrouver au générique de «Destricted» qu’il clôt avec brio.

Avant ce film, quel regard portiez-vous sur la représentation de la sexualité au cinéma ?
J’y ai toujours porté un regard attentif, même très, me menant plus que souvent dans des impasses émotionnelles dont la seule issue était masturbatoire. Malheureusement, pour les spectateurs de «Destricted», ces films faits par des artistes ne s’adressent pas à leurs parties génitales mais à leur néo-cortex et il est presque impossible d’y trouver une satisfaction autre qu’esthétique.

Qu’est-ce qui vous a intéressé dans le concept de «Destricted» ?
Il est toujours réjouissant de recevoir et de donner de l’argent pour faire des cochonneries devant une caméra, surtout que j’ai pu par la suite me justifier auprès de mes parents soucieux de ma carrière car le film est passé dans des festivals de renommée internationale et à la Tate Gallery. Par ailleurs, bien sûr j’étais très fier de faire quelque chose en collaboration avec Larry Clark et Matthew Barney dont j’aime beaucoup les films.

Comment définiriez-vous votre film et qu’avez-vous voulu apporter à cette réflexion à travers lui ?
Côté réflexion, c’est plutôt zéro. Mais côté mal de crâne, je crois que c’est vingt sur vingt. Pour avoir déjà pris du poppers dans ma vie, je sais ce que c’est que le sexe frelaté et je me suis demandé comment transcrire ça dans un film. Quant à la définition de mon court, je dirais que c’est une expérience de dilatation temporelle provoquée par des effets visuels et sonores claustrophobisants. À l’arrivée, les gens se souviennent plus de cette sensation d’asphyxie que des évènements décrits dans le film. Les producteurs ont tous été d’accord pour le mettre en dernier afin de permettre aux gens de s’échapper en cas de malaise.

Comment imaginez-vous l’évolution de la pornographie au cinéma ?
En tout état de cause, le porno vivra bien plus longtemps que le cinéma lui-même dont la forme technologique actuelle est destinée à disparaître. Les rapports pornographie et cinéma sont toujours liés à l’état de censure d’un pays. Et il y a toujours des portes qui s’ouvrent et se referment en même temps. Il n’y a plus de salles de cinéma porno mais des films comme celui-ci peuvent être montrés dans des décors de plus en plus raffinés, devant un public de moins en moins troublé. Heureusement en France, la censure est un poil plus tolérante qu’ailleurs, en tout cas pour l’instant. En fait, la pornographie n’est conflictuelle que lorsqu’en donnant un mauvais exemple elle met en danger le système hiérarchique social d’une société. Et bien qu’on accuse régulièrement la pornographie d’être misogyne, c’est dans les pays les plus misogynes et féodaux qu’elle est le plus interdite.

De toute l’histoire du cinéma, quel est le film représentant la sexualité qui vous a le plus marqué et pourquoi ?
Ce ne sont pas des films d’auteurs ou d’artistes qui m’ont le plus impressionné, mais plutôt les «Intimité Violée par une Femme», série de vidéos amateur réalisés par Laetitia qui montrent, tels des épisodes de «Striptease», des gens chez eux qui veulent montrer leur sexualité au reste du monde. Tournés avec des non professionnels, montés en temps réel sans effets de musique ni de montage, il s’en dégage des émotions diverses à la fois étranges et très humaines.


5 questions à… Larry Clark

A travers une œuvre photographique (Tulsa, Teenage Lust) et cinématographique («Kids», «Bully», «Ken Park», «Wassup Rockers») presqu’entièrement consacrée à la jeunesse contemporaine, Larry Clark propose, en véritable anthropologue du monde adolescent, un segment fort et choquant.

Avant ce film, quel regard portiez-vous sur la représentation de la sexualité au cinéma ?
Rien d’inoubliable, mais rien de vraiment mauvais non plus.

Qu’est-ce qui vous a intéressé dans le concept de «Destricted» ?
A titre personnel, j’étais évidemment curieux d’aborder le genre pornographique et l’influence qu’il peut avoir sur les adolescents. La pornographie est tellement présente de nos jours, on en voit partout, dans les magazines, à la télé, sur internet, que tous les jeunes y sont confrontés de plus en plus tôt. Leurs réactions quant à ce phénomène m’intéressaient beaucoup.

Comment définiriez-vous votre film et qu’avez-vous voulu apporter à cette réflexion à travers lui ?
Pour moi, mon film est un film éducatif. J’ai moi-même était très surpris lors des interviews et j’y ai beaucoup appris.

Si c’est un film éducatif, pourquoi la scène de votre film n’est-elle pas safe sex ?
Nancy et Daniel ont fait tous les deux tous les tests sanguins possibles et imaginables, et tout deux étaient négatifs à toutes les maladies sexuellement transmissibles.

De toute l’histoire du cinéma, quel est le film représentant la sexualité qui vous a le plus marqué et pourquoi ?
Un film fantastique qui a 50 ans aujourd’hui et qui s’appelle «An affair to remember» («Elle et Lui», de Leo McCarey, avec Cary Grant et Deborah Kerr). Si vous ne le connaissez pas, je vous le conseille fortement.

le maître fincher

Article publié dans UPSTREET Mai 2007


En tout juste cinq films et quinze ans de carrière, David Fincher a su dresser l'une des filmographies les plus intéressantes et révolutionnaires du cinéma américain contemporain.
Ce cinéaste perfectionniste, à l'imagination formelle illimitée, aux connaissances techniques hors normes et à la fréquence filmique interminable, est devenu le chef de file d'un cinéma rebelle, jusqu'au-boutiste et sans compromis.
Son sixième film, «Zodiac», sort aujourd'hui en DVD, alors que son prochain, «The curious case of Benjamin Button», est déjà en boîte et sera l'événement de la rentrée 2008.
Immersion dans l'univers du plus grand cinéaste de son époque.



LES PREMICES

David Fincher nait le 10 mai 1962 à Denver dans le Colorado et se découvre très tôt une passion pour le cinéma et les effets visuels. A 15 ans, il vit son premier choc cinématographique en découvrant «Star Wars». Dès lors, le cinéma ne le quittera plus. Passionné par le travail de Georges Lucas et sa capacité à créer des images fantastiques, il intègre à 18 ans Industrial Light and Magic, la célèbre société d’effets spéciaux de son idole et y restera quatre ans, travaillant entre autres sur les effets spéciaux du «Retour du Jedi», d’ «Indiana Jones et le Temple Maudit», ou encore de l’ «Histoire sans Fin».
Fort de ces acquis formels et techniques, il se lance dans la réalisation de clips musicaux et de publicités et crée sa propre société de production : Propaganda Films, qui deviendra pour les années à venir une référence absolue et qui lancera entre autres les carrières de Michael Bay (Beurk !) et de Spike Jonze (Yeah !).
Son univers visuel ne tarde pas à faire parler de lui alors que ses réalisations publicitaires pour les marques Nike, Adidas, Pepsi, Coca-Cola, Levi’s et Heineken, et les clips d’artistes comme Madonna, Aerosmith, Michael Jackson, George Michael ou les Rolling Stones achèvent de l’imposer.

Voir le clip «Vogue» de Madonna




Voir la pub Nike «Instant Karma»



A tout juste 29 ans, la réputation de David Fincher n’est déjà plus à faire et il croule sous les propositions cinématographiques. Il se sent alors prêt à entrer dans la fosse aux lions en collaborant avec le célèbre studio 20th Century Fox pour signer la mise en scène de l’un des films les plus chers et attendus de l’année 1992 : le troisième volet de la saga «Alien».
Malgré son échec retentissant au box office et la pression omniprésente du studio qui traumatisera Fincher, ce premier long métrage est une œuvre très belle et très forte, extrêmement aboutie visuellement, et au dénouement magnifique.
Blindé par cette expérience extrême avec le studio, Fincher décide de prendre son temps pour son prochain film et est déterminé à atteindre une autonomie et une liberté créative totales.


Voir la bande-annonce d’ «Alien 3»





L’ELECTROCHOC «SE7EN»

New Line Cinema, qui à cette époque est une petite structure de production, signe en 1995 David Fincher pour réaliser d’après un brillant scénario d’Andrew Kevin Walker, le film qui le fera devenir star parmi les réalisateurs, le film qui marquera à tout jamais l’histoire du thriller : «Se7en».
Même s’il porte un regard très sombre sur la société, ce film de serial killer mettant en vedette Brad Pitt, Morgan Freeman et Kevin Spacey, bluffe tout le monde lors de sa sortie et devient un classique du genre.
Peut-être grâce à l’ambiance glauque et à l’image sépia signée Darius Khondji, peut-être grâce à la mise en scène survoltée et maîtrisée de Fincher, peut-être grâce à son scénario pervers et inoubliable, ou bien parce qu’ils ont eu l’excellente idée de couper la tête de Gwyneth Paltrow lors d’un épilogue paroxysmique, «Se7en» marquera tous ceux qui l’ont vu et fera date dans l’histoire du 7éme art, au même titre que «Le silence des agneaux» qui avait révolutionné le polar quelques années plus tôt.


Voir la bande-annonce de «Seven»



Après ce coup de maître, David Fincher en qui tout le monde voit alors le réalisateur de thriller par excellence et dont les fans du monde entier attendent un «Seven 2», nous prend tous à contre pied en réalisant deux ans plus tard un film interactif qui se voit comme un subtil jeu entre lui et les spectateurs, véritable métaphore du marionnettiste et des pantins.
Formidable film sur la manipulation et la perception de la réalité, «The Game», sorti en 1997, met en vedette Michael Douglas, Sean Penn et la sublime Deborah Kara Unger (la révélation de «Crash» de David Cronenberg). Plein de qualités, le film ne remportera cependant pas le même succès que son précédent.


Voir un montage de «The Game»




SOAP OPERA

Deux ans plus tard, en 1999, David Fincher s’attaque à l’adaptation du premier roman de Chuck Palahniuk. Un premier roman dont tout le monde parle, au buzz énorme, et qui nous plonge dans un univers schizophrénique pour une parabole violente et sans compromis de la société de consommation.
«Fight Club» et ses images déjantées et son discours anarchique marque une nouvelle collaboration entre Fincher et Brad Pitt, alors qu’Edward Norton campe l’antihéros de ce film qui fera polémique.
Une fois de plus, le cinéaste américain appuie là où ça fait mal et son nouveau film devient vite culte pour toute une génération de spectateurs et inspirera bon nombre de cinéastes en devenir.


Voir la bande-annonce de «Fight Club»



Egalement producteur pour des projets qui lui tiennent à cœur et qu’il souhaite aider à se développer, David Fincher se lance en 2001 dans l’aventure «Hire», une série de six courts métrages pour la marque automobile BMW et offre les rênes à de grands réalisateurs de cinéma : John Frankenheimer, Ang Lee, Wong Kar-Waï, Alejandro Gonzalez Inarritu, Guy Ritchie et Joe Carnahan.
L’année suivante, en 2002, et après plusieurs œuvres personnelles polémiques, il se dirige vers un projet plus classique. «Panic Room», polar en huis clos, voit les personnages de Jodie Foster et de sa fille être kidnappées par trois cambrioleurs la première nuit suivant leur emménagement.


Voir la bande-annonce de «Panic Room»



Extrêmement maîtrisé techniquement, le film innove et surfe sur les expérimentations amorcées par «Fight Club» : mouvements de caméra insensées et surréalistes, découpage au couteau de l’action, exploitation totale de l’espace (même un trou de serrure), cadre dans le cadre pour adopter simultanément plusieurs points de vue… Ce nouveau film est d’une maîtrise totale, mais les qualités techniques et formelles de Fincher ne sont plus à démontrer et ne font pas de ce film le succès commercial escompté.


MASTER ASCENDANT GENIUS

Après cinq années d’absence, la production des «Seigneurs de Dogtown» et plusieurs projets avortés dont les suites de «Batman» et de «Mission : Impossible», David Fincher revient au genre qui a fait sa gloire en réalisant le thriller «Zodiac», présenté en sélection officielle au festival de Cannes 2007.
Inspiré de faits réels où un tueur en série terrorisait San Francisco dans les années 70, «Zodiac» est l’antithèse absolue de «Se7en» et prouve l’envie continuelle de son auteur de se renouveler perpétuellement, de ne jamais se répéter, d’innover toujours plus. Avec ce film vintage à la construction-puzzle remarquable, Fincher, en véritable professeur ès cinéma, s’est entouré d’une équipe hors pair (Harris Savides, le chef op de Gus Van Sant avec qui il avait déjà travaillé sur «The Game», et Angus Wall, le formidable monteur de «Fight Club» et de «Panic Room»), et d’un casting cinq étoiles avec Jake Gyllenhaal, Robert Downey Jr, Mark Ruffalo, Elias Koteas et Chloe Sevigny.


Voir la bande-annonce de «Zodiac»



Alors que tous définissent Fincher comme un véritable fils spirituel de Stanley Kubrick, l’écart entre ses films se resserre enfin puisqu’aussitôt la production de «Zodiac» terminée, il a enchaîné avec «The curious case of Benjamin Button», l’histoire étonnante d’un homme qui naît à 80 ans, qui se met à rajeunir et qui trouve l’amour, alors qu’année après année il remonte toujours plus le cours de son existence. Avec ce nouveau film, Fincher retrouve son acteur fétiche Brad Pitt et pour la première fois Cate Blanchett, pour ce qui sera sans aucun doute l’événement cinéma de la rentrée 2008. Patience donc… D’ici là, concentrez vous sur votre horoscope.